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Budget 2027 : Bercy prévient qu'il sera difficile de supprimer la surtaxe sur les grandes entreprises
Coinacademy27 août, 10h · il y a 3j

Budget 2027 : Bercy prévient qu'il sera difficile de supprimer la surtaxe sur les grandes entreprises

Supprimer la surtaxe sur les grandes entreprises ? Bercy prévient : avec un déficit à 5,1 % du PIB et plus de 6 milliards d'euros en jeu, ce n'est pas pour demain.

Roland Lescure, ministre de l'Économie, juge difficile de supprimer dans le budget 2027 la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Présenté comme exceptionnel en 2025 puis déjà prolongé, ce prélèvement doit rapporter plus de 6 milliards d'euros à l'État en 2026. Le déficit public devrait atteindre 5,1 % du PIB, loin du plafond européen de 3 %, malgré l'objectif de le ramener à 5 % sans nouvelles taxes.

La hausse des taux longs (l'emprunt français à 30 ans touche 4,9 %, un plus-haut depuis 2008) et la croissance dégradée (prévision 2026 ramenée à 0,5 % par la Banque de France) compliquent l'équation. Une troisième reconduction rouvrirait le conflit avec le patronat, mais l'arithmétique parlementaire et la présidentielle à venir laissent peu de marge pour renoncer à 6 milliards d'euros.

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Détails

Source
Coinacademy
Publication
27 août à 10h07

Contenu source (brut)

<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"> <p><strong>Ce qu&rsquo;il faut retenir :</strong></p> <ul class="wp-block-list"> <li>Roland Lescure juge difficile de supprimer la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises l&rsquo;an prochain.</li> <li>Ce prélèvement doit rapporter plus de 6 milliards d&rsquo;euros à l&rsquo;État en 2026.</li> <li>Le déficit français atteindrait 5,1 % du PIB cette année, loin de la limite européenne de 3 %.</li> </ul> </blockquote> <p><strong>Roland Lescure a prévenu qu&rsquo;il serait difficile de supprimer dans le prochain budget la surtaxe pesant sur les bénéfices des plus grandes entreprises françaises.</strong> <em>“Si nous pouvons la réduire, nous le ferons”</em>, a déclaré le ministre de l&rsquo;Économie sur BFM TV lundi, en ajoutant que ce n&rsquo;était pas simple aujourd&rsquo;hui et que la situation risquait malheureusement de durer.</p> <p>Ce prélèvement, présenté comme exceptionnel lors de sa création en 2025, a déjà été prolongé l&rsquo;an dernier pour combler le déficit budgétaire.</p> <blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"> <p>Si nous pouvons réduire la taxe sur les sociétés, nous le ferons, mais aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est pas facile. Nous nous trouvons malheureusement dans une situation qui risque de perdurer.</p> </blockquote> <h2 class="wp-block-heading" id="h-combien-rapporte-cette-surtaxe"><span id="combien-rapporte-cette-surtaxe">Combien rapporte cette surtaxe ?</span></h2> <p>Le rendement attendu explique la <a class="wpil_keyword_link" href="https://coinacademy.fr/academie/difficulte-minage-mining-bitcoin-hash/" target="_blank" rel="noopener" title="difficulté" data-wpil-keyword-link="linked" data-wpil-monitor-id="568224">difficulté</a> à s&rsquo;en passer. La mesure doit rapporter <strong>plus de 6 milliards d&rsquo;euros</strong> à l&rsquo;État en 2026.</p> <p>Même avec cette recette, le déficit public devrait atteindre <strong>5,1 % du produit intérieur brut</strong> cette année, bien au-dessus du plafond de 3 % fixé par les règles européennes.</p> <p>Le ministre affirme que le gouvernement fera tout pour ramener ce déficit à <strong>5 % du PIB</strong> l&rsquo;an prochain, sans instaurer de nouvelles taxes.</p> <h2 class="wp-block-heading" id="h-un-troisieme-exercice-qui-facherait-le-patronat"><span id="un-troisieme-exercice-qui-facherait-le-patronat">Un troisième exercice qui fâcherait le patronat</span></h2> <p>Une reconduction pour une troisième année consécutive ouvrirait un nouveau conflit avec les grandes entreprises. Ces dernières avaient dénoncé une rupture de confiance lors de la précédente prolongation, et font valoir de longue date que le niveau des prélèvements et des autres charges rend l&rsquo;activité économique coûteuse dans le pays.</p> <h2 class="wp-block-heading" id="h-les-chocs-qui-pesent-sur-les-comptes-publics"><span id="les-chocs-qui-pesent-sur-les-comptes-publics">Les chocs qui pèsent sur les comptes publics</span></h2> <p>Trois facteurs extérieurs compliquent l&rsquo;équation budgétaire, selon le ministre : la perturbation du détroit d&rsquo;Ormuz, les <a class="wpil_keyword_link" href="https://coinacademy.fr/academie/vagues-elliott-trading/" target="_blank" rel="noopener" title="vagues" data-wpil-keyword-link="linked" data-wpil-monitor-id="568226">vagues</a> de chaleur de cet été, et la hausse des coûts d'emprunt.</p> <p>Ce dernier point se mesure sur les marchés. Le rendement de l'emprunt d&rsquo;État français à 30 ans a atteint cette semaine <strong>4,9 %</strong>, son plus haut niveau depuis 2008, dans un mouvement mondial de tension sur les taux longs alimenté par l&rsquo;inflation et par les besoins de financement liés à l&rsquo;intelligence artificielle. Chaque point de rendement supplémentaire renchérit mécaniquement le service de la dette.</p> <p>La croissance s&rsquo;est parallèlement dégradée. La <a class="wpil_keyword_link" href="https://coinacademy.fr/academie/meilleures-banques-crypto/" target="_blank" rel="noopener" title="Banque" data-wpil-keyword-link="linked" data-wpil-monitor-id="568228">Banque</a> de France a révisé en juin sa prévision pour 2026, de <strong>0,9 % à 0,5 %</strong>, après une contraction inattendue de l&rsquo;économie au premier trimestre et la hausse des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient.</p> <h2 class="wp-block-heading" id="h-l-impot-n-est-plus-la-solution-selon-le-ministre"><span id="limpot-nest-plus-la-solution-selon-le-ministre">“L&rsquo;impôt n&rsquo;est plus la solution”, selon le ministre</span></h2> <p>Roland Lescure formule par ailleurs une critique de la méthode budgétaire française. La <a class="wpil_keyword_link" href="https://coinacademy.fr/academie/fiscalite/" target="_blank" rel="noopener" title="fiscalité" data-wpil-keyword-link="linked" data-wpil-monitor-id="568225">fiscalité</a> a été la solution magique pendant quarante ans, estime-t-il : dès qu&rsquo;un problème surgit, on augmente les impôts, une formule qui ne fonctionne plus selon lui.</p> <p>Il précise sa position : les prélèvements doivent être adaptés, cela fait partie de la <a class="wpil_keyword_link" href="https://coinacademy.fr/academie/politifi-memecoins/" target="_blank" rel="noopener" title="politique" data-wpil-keyword-link="linked" data-wpil-monitor-id="568229">politique</a> publique, mais affirmer qu&rsquo;il suffit de les augmenter pour que tout aille bien ne tient plus.</p> <h2 class="wp-block-heading" id="h-un-budget-sous-forte-contrainte-politique"><span id="un-budget-sous-forte-contrainte-politique">Un budget sous forte contrainte politique</span></h2> <p>Le contexte parlementaire rend l&rsquo;exercice périlleux. Aucun groupe ne dispose d&rsquo;une majorité claire à l&rsquo;Assemblée nationale, et l&rsquo;élection présidentielle se tiendra au début de l&rsquo;année prochaine.</p> <p>Le précédent budget donne la mesure du prix à payer. Le Premier ministre <strong>Sébastien Lecornu</strong> avait fait adopter le budget 2026, au prix de la suspension de la réforme des retraites portée par Emmanuel Macron, repoussée après l&rsquo;élection présidentielle de 2027, afin d&rsquo;obtenir le soutien nécessaire à son gouvernement minoritaire.</p> <p>Le pays peine de longue date à concilier les attentes des électeurs envers un État social généreux avec le niveau de ses coûts et la faiblesse de sa croissance.</p> <h2 class="wp-block-heading" id="h-et-maintenant"><span id="et-maintenant">Et maintenant ?</span></h2> <p>L&rsquo;examen du budget 2027 s&rsquo;annonce à l&rsquo;automne, dans une configuration qui laisse peu de <a class="wpil_keyword_link" href="https://coinacademy.fr/academie/marge-croisee-isolee-cross-isolated-margin-trading-crypto-monnaies/" target="_blank" rel="noopener" title="marge" data-wpil-keyword-link="linked" data-wpil-monitor-id="568227">marge</a>.</p> <p>Trois variables commanderont l&rsquo;arbitrage sur cette surtaxe. Le niveau des taux longs, d&rsquo;abord, qui détermine le coût du financement du déficit. La trajectoire de croissance ensuite, dont dépendent les recettes fiscales. Et l&rsquo;arithmétique parlementaire enfin, qui conditionne l&rsquo;adoption même du texte.</p> <p>Le calendrier électoral ajoute une inconnue. Un gouvernement qui présente son dernier budget avant une présidentielle dispose rarement des moyens politiques de renoncer à 6 milliards d&rsquo;euros de recettes.</p>